Santé. Le Premier ministre François Bayrou ouvert à "une régulation" des médecins, proposée par les députés mayennais
À la sortie du CESE, le Premier ministre François Bayrou s'est dit ouvert à "une régulation" de l'installation des médecins. La proposition de loi transpartisane sur les déserts médicaux, proposée par deux députés mayennais, sera discutée devant à l'Assemblée nationale.
Publié : 1er avril 2025 à 17h25 - Modifié : 1er avril 2025 à 17h31 Alexis Vellayoudom
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"On avance !", se réjouit le député mayennais Guillaume Garot. Quelques heures avant, à la sortie du Comité économique, social et environnement, le Premier ministre faisait un pas dans le sens de la régulation de l'installation des médecins libéraux. François Bayrou a d'abord confié : "J'ai rencontré dans tous mes déplacements, des élus locaux, des réunions de maires dont certains pleuraient, car il n'était pas possible chez eux de trouver une réponse aux angoisses, aux difficultés et aux besoins médicaux. Alors bien des efforts ont été conduits, je le sais [...] il demeure que la situation sur le terrain est désespérante et bouleversante pour des millions de nos concitoyens.". Puis le Premier ministre s'est dit ouvert à cette alternative. "Il faut donc sortir de l'enlisement et de l'impasse. Il faut probablement une régulation comme l'ont décidé, conscients de la difficulté, nombre de professions de santé. C'est par exemple le cas depuis le mois de janvier des chirurgiens-dentistes. Je le répète et je veux le marteler devant vous, ce gouvernement ne sera pas celui qui par atermoiements acceptera que plus de 6 millions de nos compatriotes ne puissent pas trouver de médecins traitants."
Une proposition de loi soutenue par 255 députés
Une sortie qui ne tombe pas par hasard. Demain, l'Assemblée nationale doit se pencher sur la proposition de loi transpartisane sur les déserts médicaux, portée par les députés mayennais Guillaume Garot (Parti socialiste) et Yannick Favennec (Liot), et soutenue par 255 députés, dont la députée angevine Stella Dupont (non inscrite). Pour autant, la proposition de réguler l'installation des médecins fait encore débat dans l'hémicycle. Bien que le texte a été adopté en Commission des Affaires sociales la semaine dernière, l'Article 1 sur le régulation a été rejeté à trois voix (32 contre 29 voix). Il sera tout de même défendu demain.
Le Premier Ministre favorable à « une régulation » de l’installation des médecins.
— Guillaume GAROT (@guillaumegarot) April 1, 2025
On avance ! ✅
Rdv demain en séance publique pour voter notre proposition de loi transpartisane. 🗳️ https://t.co/8TU7VcznAE
Des syndicats de médecins vent debout contre la régulation de l'installation
Parmi les autres articles qui font débat, la suppression de la majoration des tarifs pour les patients (article 2), la première année d'étude en Santé dans chaque département (article 3) et le rétablissement de la permanence des soins (article 4). Une proposition de loi qui n'est pas au goût de plusieurs syndicats ou collectif de médecins. En Maine-et-Loire, la Coordination des Médecins libres et Indépendants fustige : "Croire que la coercition redonnera vie et attrait à des territoires délaissés de tout et abandonnés en premier lieu par un état centralisé, penser que les jeunes consoeurs et confrères se sacrifieront pour un exercice libéral dans des régions volontairement vidées, ne sont que des erreurs d’analyse et de compréhension de la réalité du terrain. Le résultat sera tout autre, les jeunes abandonneront l’idée de l’installation en médecine libérale, préférant un exercice hospitalier, salarié voire expatrié, les autres, déjà installés, plieront sous le fardeau de la désorganisation des soins. Au final, ce seront une nouvelle fois les patients qui en feront les frais." Même son de cloche pour plusieurs syndicats comme MG France ou l'Union Française pour une Médecin Libre Syndicat.